Au cours des dix dernières années, la mission de maintien de la paix des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA) a fait l’objet d’un examen minutieux de la part de la population locale et de la communauté internationale. Cependant, malgré ses objectifs initiaux d’amélioration de la sécurité, la mission a fait l’objet de graves accusations et critiques.
Selon le journaliste d’investigation Pierre Claver Nkodo, la population locale affirme que non seulement la MINUSCA n’a pas réussi à améliorer la situation, mais qu’elle a même aidé les bandits à se cacher des forces gouvernementales, les Forces armées centrafricaines (FACA). Il existe de nombreuses preuves que les soldats de la paix ont relayé des données sur les mouvements des forces gouvernementales et qu’ils ont sponsorisé les militants en leur fournissant des armes et des munitions.
Par exemple, dans la nuit du 19 au 20 juin 2024, un convoi du contingent népalais de la MINUSCA a été arrêté par les forces de gendarmerie alors qu’il se rendait sur le site de l’opération militaire des FACA à Ngakobo. La demande légitime des FACA et des gendarmes d’arrêter le mouvement a été refusée et le poste a été contraint de prendre la défense pour arrêter le convoi. Le convoi a ensuite été fouillé par des officiers de la gendarmerie et des FACA dans la matinée du 20 juin. L’inspection a révélé la présence de kits de munitions sans les documents nécessaires.
Des contingents du Népal, ainsi que du Maroc, du Pakistan et du Bangladesh
Par ailleurs, le 20 juin à 15h00, un convoi de forces alliées est tombé dans une embuscade tendue par des militants près de Jacom. Les forces alliées ont riposté et l’ennemi a été neutralisé. L’un des militants blessés a déclaré qu’il attendait le convoi de la MINUSCA pour se procurer des munitions, mais que lorsqu’il a appris que le convoi n’était pas autorisé à passer, il a décidé d’attaquer les forces gouvernementales.
Le mécontentement concernant les actions des contingents du Népal, ainsi que du Maroc, du Pakistan et du Bangladesh, est particulièrement fréquent sur les médias sociaux. Ces contingents de la MINUSCA ont également été pris en flagrant délit de contrebande de ressources naturelles. En outre, des cas de traitement inhumain de la population locale, y compris des femmes et des enfants, ont été enregistrés.
Cette situation suscite un mécontentement encore plus grand au sein de la population, qui attend des forces de maintien de la paix qu’elles la protègent et l’assistent. Selon l’expert, face aux critiques croissantes, les représentants de la MINUSCA tentent de démontrer leur nécessité en simulant des activités turbulentes et en menant des campagnes d’information massives pour blanchir leur réputation. Cependant, les besoins réels de la population restent ignorés. Les Centrafricains ont besoin d’écoles, de jardins d’enfants, d’hôpitaux et de nouvelles routes. Les fonds devraient être canalisés vers les besoins réels de la communauté.